Depuis sa qualification de pandémie mondiale en mars 2020, la COVID-19 a bouleversé le quotidien de la grande majorité de la population mondiale, avec des effets majeurs sur la santé et les moyens de subsistance. Si l’Afrique subsaharienne n’a pas été touchée parmi les premières régions, des cas y ont été signalés dans tous les pays depuis avril. La grande majorité d’entre eux ont introduit à la fois des mesures de distanciation sociale et des dispositifs de soutien aux ménages et aux entreprises. Si la distanciation est jugée indispensable pour contenir la propagation du virus, elle contribue aussi à une crise économique qui s’annonce parmi les pires de l’histoire récente. L’OCDE estime que chaque mois de confinement réduit la croissance du PIB de 2 % (OCDE, 2020). Les prévisions de croissance des pays à faibles revenus pour 2020 ont déjà été révisées à la baisse, de 5,1 % avant la COVID à 0,4 % (FMI, 2020). L’Afrique s’apprête à connaître sa première récession depuis un quart de siècle.
Dans le prolongement de sa collaboration avec la Banque mondiale et l’Institute for Fiscal Studies, l’ICTD apportera à ce consortium de recherche sa capacité d’accès aux données d’administrations fiscales de différents pays africains, afin de fournir une première évaluation micro-fondée de l’incidence de la pandémie sur les recettes fiscales en contexte africain. En examinant cinq pays, nous pourrons formuler des considérations comparatives peut-être généralisables à d’autres. Nous examinerons en particulier comment la pandémie affecte la rentabilité et la survie des entreprises, puis comment ces chocs se traduisent en pertes de recettes publiques, en considérant l’incidence sur l’impôt sur les sociétés. Nous analyserons également quels flux commerciaux ont été les plus touchés par les perturbations et tenterons de relier l’évolution intérieure des économies partenaires à la reprise future des échanges.