Par le professeur Mick Moore et Wilson Prichard
Le professeur Richard Bird nous a quittés le 9 juin 2021, à l’âge de 82 ans. Quiconque travaille sur la fiscalité et le développement connaît bien ses publications. Il a commencé à écrire dans les années 1960 et publiait encore des travaux de grande qualité cette année.
Richard a occupé de nombreuses fonctions. Il était dernièrement professeur émérite au département d’économie et à la Rotman School of Management de l’université de Toronto.
L’université de Toronto fut son principal port d’attache intellectuel, et le plus durable. Mais son travail a toujours navigué entre le monde académique et des fonctions plus opérationnelles, au FMI notamment, et une abondante activité de conseil. Sa façon d’aborder l’impôt relève d’un pragmatisme nourri par la théorie. Il savait très bien comment les impôts sont réellement établis et collectés, et se souciait peu des idées et des théories dépourvues d’ancrage empirique. Il a pourtant exploré aussi les grandes questions de la fiscalité. La liste de ses coauteurs est longue et impressionnante : on y trouve la plupart des grands noms du domaine.
Ses nombreux collègues, collaborateurs et amis ont livré leurs souvenirs et hommages, et un livre d’or numérique a été ouvert pour celles et ceux qui souhaitent y déposer un message.
Nous tenons à exprimer, au nom de l’ICTD, notre admiration, notre affection et notre gratitude. Richard a compté énormément pour le Centre : formellement, comme premier président de son groupe consultatif ; concrètement, comme mentor, soutien et interlocuteur constant.
Nous échangions régulièrement articles et idées. Ses travaux à la croisée de l’économie, de l’économie politique et de l’administration publique ont inspiré et guidé les nôtres, et ceux de l’ICTD.
Aux débuts de l’ICTD, Richard soupçonnait que nous risquions de reprendre à notre compte des idées simplistes ou populistes sur l’impôt, sans application pratique. Il insistait pour que notre travail soit toujours utile et qu’il prenne au sérieux la complexité des réformes dans le monde réel.
C’est ce qu’il a exposé en prononçant la toute première conférence annuelle de l’ICTD, qui est devenue le tout premier document de travail de l’ICTD. Il a continué jusqu’au bout à nous adresser régulièrement ses remarques sceptiques. Mais il s’est beaucoup attaché à l’ICTD.
Nous sommes très fiers des messages qu’il nous a adressés ces dernières années, dans lesquels il disait que, s’il avait été un peu plus jeune et plus actif en recherche, il aurait participé avec enthousiasme à notre programme.
Formulé avec la sobriété qui était la sienne, cela nous a paru le plus beau des compliments – accompagné, nous l’espérons, d’une certaine fierté devant le rôle qu’il a joué dans la conception et la construction de ce programme.
Richard,
Merci.
Mick Moore et Wilson Prichard (ancien et actuel directeurs généraux de l’ICTD)