L’effondrement récent des cours du pétrole et la crise économique qui a suivi ont mis en évidence les graves conséquences de la forte dépendance du Nigeria aux recettes pétrolières et de la faiblesse de son assiette fiscale. Si ce schéma est bien connu à l’échelle du pays, on dispose de peu de données sur les écarts entre États en matière de dépendance pétrolière et de résultats économiques. Cette étude vise à combler cette lacune en examinant dans quelle mesure le recours au pétrole explique les différences de capacité des États à traverser la crise.
Par ailleurs, un corpus croissant de recherches suggère que plus un gouvernement dépend des recettes fiscales, meilleurs sont les biens publics qu’il fournit. Dans le même temps, une fiscalité accrue peut susciter un intérêt et une implication plus forts des citoyens dans le processus politique, ce qui façonne à son tour les institutions et l’action publique. Ces deux idées sont étroitement liées à celle d’un contrat social entre gouvernement et citoyens, et cette étude cherchera à les éclairer toutes deux. Elle fournira des données sur la manière dont l’offre de biens publics dans les États du Nigeria répond au recours à l’impôt par rapport aux recettes pétrolières, ainsi que sur le degré auquel les citoyens deviennent plus actifs politiquement.