Les travaux sur le genre et la fiscalité retiennent une attention croissante des universitaires, des bailleurs et des agences de développement. Les études disponibles insistent toutefois davantage sur le genre et le civisme fiscal (Yimam et Asmare, 2020 ; Kangave, 2021), sur les biais de genre dans les impôts formels comme l’impôt sur le revenu des personnes physiques (Barnett et Grown, 2004 ; Grown et Valodia, 2010), l’impôt foncier (Slavchevska et al., 2016) et la taxe sur la valeur ajoutée (Barnett, 2018 ; Williams, 2019), ainsi que dans la fiscalité informelle (Paler et al., 2017 ; Van den Boogaard et al., 2019).
Les données sur la représentation et la performance des femmes au sein des administrations fiscales font défaut dans cette littérature, et sont inexistantes dans le contexte éthiopien. Cette étude vise donc à combler cette lacune en mobilisant les dossiers administratifs du personnel (genre, performance individuelle, rotation, ancienneté, formation, réclamations, rémunération, entre autres) et une enquête d’opinion auprès des administrations fiscales éthiopiennes. Elle examinera en particulier si l’administration fiscale éthiopienne se rapproche de la parité dans la composition de ses effectifs, si les femmes servent l’organisation mieux et plus longtemps que les hommes, et qui, des femmes ou des hommes, fait preuve de plus de discipline.