Lever une part plus élevée de la valeur ajoutée d’une économie à des fins publiques va de pair avec la construction de l’État, la croissance économique moderne et le développement. De 2002-2003 à aujourd’hui, les pays à revenu faible et intermédiaire inférieur ont porté leurs recettes fiscales et non fiscales totales de 11-12 pour cent et 18-19 pour cent du PIB à 17-18 pour cent et 25-26 pour cent du PIB en 2014-2015. Continuer d’améliorer les systèmes fiscaux est essentiel pour concrétiser le dividende de développement aujourd’hui accessible grâce aux progrès des technologies et des institutions, qui permettent d’élever le niveau de vie plus vite et à moindre coût. Les défis de développement qui subsistent sont considérables pour la majorité de la population mondiale ; c’est pourquoi les objectifs de développement durable ont été adoptés en 2015 pour y répondre. L’essentiel du financement de ces objectifs doit provenir de sources intérieures, comme ce fut le cas pour les objectifs du Millénaire pour le développement, financés à 77 pour cent de cette manière. Cela étant, il est surprenant qu’en 2015 seuls 0,13 pour cent de l’aide publique au développement mondiale aient été consacrés à l’amélioration des systèmes fiscaux et de recettes. Avec le programme d’action d’Addis-Abeba et l’Initiative fiscale d’Addis, la situation évolue, et plusieurs bailleurs et partenaires renforcent leur soutien à la mobilisation des ressources intérieures et aux réformes des systèmes fiscaux. Il est donc utile de partager quelques réflexions sur les objectifs et la justification sous-jacents de la mobilisation des recettes intérieures, sur les expériences d’aide liée aux recettes et à la fiscalité, et sur un cadre de premier niveau pour l’évaluation des pays partenaires potentiels, à revenu faible et intermédiaire inférieur. Un exercice de classement est présenté, mobilisant des indicateurs économiques clés tels que le revenu, la pauvreté, les niveaux de financement des dépenses et de l’investissement (intérieur et étranger), l’effort fiscal, l’aide liée à la fiscalité, ainsi qu’une évaluation politique et institutionnelle. L’article identifie un groupe important de pays en développement qui reçoivent une assistance limitée alors que leurs besoins comme leur potentiel en matière de fiscalité et de recettes sont considérables. Les dix premiers pays se situent en Afrique subsaharienne. Des liens sont établis avec la catégorisation norvégienne des pays partenaires, afin d’illustrer la corrélation entre ces deux types de classement et de priorisation. Enfin, d’autres facteurs relatifs à l’analyse et au dialogue avec les partenaires sont discutés, notamment la priorisation politique et administrative des réformes des recettes, la capacité d’absorption des institutions et la probabilité que telle ou telle intervention produise des résultats.
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