Une part importante du processus de développement de tout pays consiste à construire un contrat social dans lequel les citoyens paient l’impôt et reçoivent en retour des biens et services publics. Les éléments disponibles suggèrent que cela va de pair avec l’établissement d’une norme de paiement de l’impôt et la conviction que ne pas payer est mal. Nous exploitons un nouveau jeu de données représentatif à l’échelle nationale pour explorer les facteurs associés à une morale fiscale plus élevée au Nigéria. Nous constatons que la perception de sanctions plus lourdes et d’une plus grande difficulté à échapper à l’impôt sont l’une et l’autre associées à une morale fiscale plus élevée. Celle-ci est aussi plus élevée lorsque les personnes croient davantage que les autres Nigérians paient leurs impôts, lorsqu’elles ont moins souvent à verser de pots-de-vin et lorsqu’elles font davantage confiance aux agents du fisc. Nous constatons toutefois aussi que les Nigérians qui estiment que les agents du fisc traitent différemment les groupes ethniques, religieux et de genre ont une morale fiscale plus élevée, et non plus faible. Et nous ne trouvons aucune relation entre la fourniture de services et les mesures de morale fiscale fondées sur le comportement déclaré du répondant lui-même, contrairement à l’association positive constatée dans la littérature à partir de mesures plus larges. Cela donne à penser que construire un contrat social fondé sur l’impôt pourrait être plus difficile qu’on ne le pensait.
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