Nous évaluons l’effet d’une réforme quasi randomisée de l’impôt foncier mise en œuvre en Sierra Leone à partir de 2013, afin d’établir dans quelle mesure un élargissement de l’impôt donne lieu à une « négociation fiscale » et à une réactivité et une redevabilité accrues. L’article s’appuie sur une enquête de panel conduite dans les districts traités et témoins juste avant la mise en œuvre d’un vaste programme de réforme de l’impôt foncier en 2012, puis de nouveau au début de 2017, afin de proposer des tests particulièrement directs et globaux des théories reliant la fiscalité à une réactivité et une redevabilité accrues. L’article montre d’abord que le programme de réforme a produit des améliorations importantes et significatives de la qualité perçue des services publics, ce qui rejoint les théories reliant l’élargissement de l’impôt à des améliorations de la gouvernance. Il met ensuite en évidence, au niveau individuel, des évolutions d’attitudes et de comportements susceptibles d’expliquer ces améliorations agrégées de la fourniture de services : un net accroissement des connaissances politiques, une hausse de formes importantes d’engagement politique, et l’émergence d’attitudes plus conditionnelles à l’égard du civisme fiscal.
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Lire le point de vue du Dr Samuel Jibao sur l’intérêt de la recherche collaborative.