À mesure que la fiscalité s’est imposée comme une question majeure des politiques internationales de développement, de nombreux travaux se sont intéressés aux perceptions et aux expériences fiscales des contribuables à partir de données d’enquête comparatives entre pays. Une attention insuffisante a toutefois été portée aux questions de validité de contenu et de comparabilité entre contextes des notions fiscales essentielles à l’analyse de nombreux sujets, dont les liens entre la disposition à payer l’impôt et les perceptions de la corruption, de la légitimité de l’État et de la fourniture de services publics. Alors que de sérieuses questions ont été soulevées quant à la qualité des données de certains travaux quantitatifs en études africaines, peu d’attention a été accordée aux problèmes propres à l’usage de données d’enquête comparatives.
Nous encourageons une réflexion critique sur l’usage de données fiscales dans des contextes divers. Nous montrons qu’un impôt sous un autre nom ne conserve pas le même sens d’un contexte à l’autre. Nous soutenons que les études de la fiscalité, en particulier celles fondées sur des enquêtes, devraient être éclairées par une compréhension plus profonde des sens contextuels attribués à l’impôt. Donner une plus grande priorité à l’analyse conceptuelle, aux approches à méthodes mixtes et à la recherche en langue locale renforcera la validité de mesure et la validité interprétative des données de perception, et améliorera la compréhension de l’expérience qu’ont les contribuables des systèmes fiscaux et de leurs interactions avec eux.
Résumé de l’article rédigé par Ane Karoline Bak et Vanessa van den Boogaard et publié dans le Journal of Modern African Studies.