Les chercheurs sont invités à soumettre leur communication pour un prochain atelier, « Roadblocks and revenues: new geographies of taxation in conflict », qui se tiendra du 15 au 17 mai 2023 à l’Institut danois d’études internationales, à Copenhague.
Résumé :
De l’Afghanistan à la Colombie et de la Somalie à la Birmanie, les points de contrôle sont omniprésents dans les contextes de conflit ou de souveraineté contestée, et les anecdotes sur des milices de fortune tenant des barrages routiers sont un lieu commun de la couverture journalistique des guerres civiles. Ces dernières années, des éléments ont commencé à suggérer que la taxation aux points de contrôle constitue une stratégie majeure de mobilisation de recettes pour les groupes rebelles, et que les barrages routiers sont un objet de discorde important dans les conflits.
Les points de contrôle apparaissent en outre comme une interface clé entre les acteurs locaux du conflit, les organisations d’aide internationale et d’importants flux commerciaux formels. Ces éléments peuvent remettre en cause les idées reçues sur les groupes armés, les économies de conflit et la souveraineté étatique. Ils élargissent aussi sensiblement notre compréhension et notre vocabulaire de la fiscalité informelle et de son rapport à la souveraineté, à l’ordre et à la légitimité. Pourtant, les travaux empiriques sur ces questions sont souvent déconnectés et cloisonnés entre différentes aires géographiques et disciplines.
Avec cet atelier, nous souhaitons faire un premier pas pour inscrire les points de contrôle sur la carte comme un phénomène significatif dans l’étude de la mobilisation de recettes, de la formation de l’État, des politiques et des pratiques des groupes armés, ainsi que de l’autorité et de la légitimité dans les espaces déchirés par les conflits et d’autres ordres politiques complexes. Pour cela, nous espérons réunir des participants de champs de pratique divers (anthropologues, spécialistes d’aires culturelles, sociologues, criminologues, politistes et géographes, économistes, ainsi qu’analystes des conflits et praticiens) pour une exploration commune et empiriquement ancrée du sujet, qui le porte au-delà des approches, des débats et des cadres disciplinaires établis.
Organisé sous la forme de deux journées d’approfondissement académique suivies d’un échange avec des praticiens, l’atelier vise à la fois à donner lieu à un numéro spécial dans une revue reconnue et à remplir une fonction importante de mise en réseau entre disciplines et champs de pratique.
Échéances et soumission des résumés
Nous invitons à soumettre des résumés de 250 mots au plus tard le 6 février 2023, en précisant la base empirique de la contribution. Les propositions retenues seront notifiées avant le 1er mars, et les projets d’articles complets et originaux sont attendus pour le 1er mai.
Merci d’envoyer votre résumé à [email protected]. L’organisation de l’atelier prend en charge l’hébergement et la restauration pendant l’événement. Des contributions aux frais de déplacement sont disponibles, avec une nette priorité pour les participants juniors et ceux du Sud global.
