Cinquante ans d’expérience nous enseignent que le bon terrain de jeu, pour les chercheurs en fiscalité et pour les organismes extérieurs soucieux de favoriser des systèmes fiscaux plus durables dans les pays en développement, n’est pas le jeu politique de court terme dans lequel se prennent les décisions. Leur terrain est plutôt celui, de long terme, du renforcement des capacités institutionnelles, au sein des gouvernements comme en dehors, pour formuler des idées de changement pertinentes, collecter et analyser les données utiles et, bien entendu, évaluer et critiquer les effets des changements opérés. Les chercheurs en fiscalité des pays en développement peuvent et doivent jouer un rôle actif dans toutes ces activités. Pour cela, ils ont toutefois souvent besoin d’un soutien nettement plus important et plus durable de la part des institutions académiques étrangères comme des organisations internationales que ce dont ils disposent aujourd’hui. Ces activités de long terme de construction institutionnelle sont rarement immédiatement gratifiantes. Elles semblent actuellement passées de mode auprès des organisations internationales de développement, dont l’essentiel des efforts paraît aujourd’hui porté sur la conception et la mise en oeuvre de dispositifs d’étalonnage toujours plus rigoureux. L’approche de long terme de construction institutionnelle semble néanmoins demeurer le moyen le plus utile par lequel des acteurs étrangers pourraient contribuer à la tâche redoutable et permanente consistant à doter les pays en développement de systèmes fiscaux plus efficients, plus équitables, plus efficaces et plus durables.
Livre
Working Paper 13-07
Le conseil étranger et la politique fiscale dans les pays en développement
La version originale est disponible en anglais