Une fiscalité locale efficace est indispensable pour obtenir les bénéfices de gouvernance généralement attribués à la décentralisation, mais dans les faits les réformes fiscales réussies ont été rares, en raison de résistances politiques bien installées. Cet article apporte un éclairage nouveau sur les dynamiques politiques de la réforme de l’impôt foncier à travers une étude de cas de la Sierra Leone, centrée sur les différences d’expériences et de résultats entre les quatre plus grands conseils municipaux du pays. Sur cette base, l’article soutient que la résistance des élites a constitué un obstacle particulièrement aigu à la réforme de la fiscalité locale, mais que la diversité ethnique a parfois renforcé la réforme en fragmentant cette résistance. Par ailleurs, les conseils d’opposition ont eu des incitations plus fortes que ceux dominés par le parti au pouvoir à renforcer la collecte de l’impôt, afin d’accroître leur autonomie budgétaire. Plus généralement, une concurrence électorale accrue peut produire des gains de recettes durables en incitant les conseils municipaux à adopter une approche plus contractuelle de la réforme fiscale, fondée sur la transparence, le dialogue et l’équité.
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