L’histoire coloniale africaine donne à penser que la domination coloniale britannique a pu freiner la centralisation étatique, en raison d’héritages de ségrégation ethnique et de contraintes plus fortes pesant sur l’exécutif. À partir de microdonnées issues de pays anglophones et francophones d’Afrique subsaharienne, nous constatons que les citoyens des pays anglophones sont moins enclins à se définir en termes nationaux plutôt qu’ethniques. Pour traiter les problèmes d’endéogénéité, nous recourons à une régression sur discontinuité, en nous concentrant sur les observations proches des frontières anglophones-francophones, tant entre pays qu’à l’intérieur du Cameroun. Les données relatives à la fiscalité, à la sécurité et au pouvoir des chefs traditionnels suggèrent également une capacité étatique plus faible dans les pays anglophones. Ces résultats mettent en lumière l’héritage de la domination coloniale sur la construction de l’État.
Article de publication
Volume 129 Issue 619
Héritage colonial, construction de l’État et saillance de l’ethnicité en Afrique subsaharienne
La version originale est disponible en anglais
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- Oxford University Press
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