Une grande partie de la croissance économique contemporaine en Afrique est portée par les secteurs de services urbains, dont la construction et l’immobilier. Cela se traduit par des paysages en transformation rapide et par la multiplication de biens de grande valeur dans les grandes villes en plein essor du continent, souvent accompagnées d’inégalités socio-économiques croissantes. Dans ce contexte, améliorer les systèmes de fiscalité foncière constitue un besoin urgent et grandissant, que les décideurs nationaux et internationaux reconnaissent de plus en plus. Pourtant, même dans des États considérés comme particulièrement « développementalistes » et attachés à accroître leurs recettes fiscales, la fiscalité foncière est restée au bord du chemin. Cet article soutient que, outre les difficultés techniques et politiques habituelles liées à la fiscalité foncière, il est essentiel, dans les pays en développement engagés dans des réformes, de comprendre la nature des régimes fonciers et leur évolution, ainsi que les héritages historiques relatifs à la terre et au logement. Les initiatives visant à instaurer ou à améliorer la fiscalité foncière doivent également être appréciées au regard de la manière dont les stratégies de développement contemporaines contraignent ou facilitent l’investissement immobilier, et de l’économie politique qui sous-tend ce secteur. À travers une analyse des systèmes existants de fiscalité foncière et de baux fonciers à Kigali et Addis-Abeba, ainsi que des tentatives de réforme abouties, enlisées ou en cours dans chacune de ces villes, l’article dégage des thèmes clés pour l’étude des systèmes de fiscalité foncière et de leurs chances de succès dans les villes en transformation rapide du Sud global.
Document de travail
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Imposer le boom urbain : fiscalité foncière et baux fonciers à Kigali et Addis-Abeba
La version originale est disponible en anglais
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- ICTD
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