Cette note retrace l’urbanisation rapide qu’ont connue ces dernières décennies le Rwanda et l’Éthiopie, deux des pays les plus pauvres du monde mais aussi parmi ceux qui s’urbanisent le plus vite, ainsi que les tentatives menées dans les deux pays pour introduire des réformes efficaces de la fiscalité foncière. Elle examine l’ensemble des facteurs qui, dans les deux pays, expliquent les résultats médiocres obtenus à ce jour par ces réformes.
Pour étudier la fiscalité foncière, l’auteur du rapport, le Dr Tom Goodfellow, a séjourné au Rwanda et en Éthiopie et s’est entretenu avec des responsables des administrations locales et nationales, des investisseurs et des promoteurs immobiliers.
Le rapport soutient que l’urbanisation rapide et le boom immobilier qu’ont connus les capitales, Kigali et Addis-Abeba, ainsi que la concentration du capital dans l’immobilier urbain, mettent en évidence la nécessité pour les pays en développement d’instaurer une fiscalité foncière efficace et des mécanismes permettant de capter la hausse de la valeur des terrains et des biens immobiliers. Il montre comment, au moment où des efforts concertés de réforme de la fiscalité foncière ont commencé à se concrétiser au Rwanda comme en Éthiopie, une classe puissante d’élites fortunées, soucieuses de protéger leurs profits et la valeur de leurs actifs, exerçait une influence disproportionnée et a pu faire obstacle aux réformes et en atténuer la portée.
À mesure que d’autres villes d’Afrique et de l’ensemble du monde en développement s’urbanisent, les efforts déployés au Rwanda et en Éthiopie pour instaurer une fiscalité foncière méritent d’être étudiés par les décideurs des autres pays à urbanisation rapide, ainsi que par les responsables des politiques internationales de développement soucieux de progresser vers la réduction de la pauvreté et d’éviter une croissance économique inéquitable dans le monde en développement.