Dans les pays à faible revenu et sortant d’un conflit, et particulièrement en milieu rural, les citoyens acquittent souvent toute une série de « taxes » qui diffèrent sensiblement des dispositions légales. Ces « impôts informels », versés à des acteurs étatiques comme non étatiques, sont fréquemment négligés dans les analyses des systèmes fiscaux locaux. C’est problématique, car cela conduit à mal comprendre la charge fiscale des individus et des ménages, ainsi que les systèmes de gouvernance locale. Cette étude cherche donc à saisir la réalité de la fiscalité dans les zones périphériques de Sierra Leone. Elle repose sur une enquête auprès de 1 129 chefs de ménage, sur des entretiens approfondis avec des responsables de l’État et des chefferies, et sur des groupes de discussion avec des acteurs communautaires dans trois districts ruraux du pays. Nous décrivons la variété, l’étendue, l’ampleur et les mécanismes d’application associés aux différents types de prélèvements, et constatons que la collecte informelle par des acteurs non étatiques est très répandue et représente une part significative des prélèvements acquittés par les particuliers. En explorant les perceptions des contribuables à l’égard des différents types de prélèvements, nous constatons que ceux levés par des acteurs non étatiques sont perçus plus favorablement que ceux levés par les collectivités locales et l’État central, en termes d’équité, de transparence, de redevabilité et de services rendus. Nous concluons en examinant les implications de ces constats, notamment dans le contexte des réformes de décentralisation budgétaire en cours en Sierra Leone.
Document de travail
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La fiscalité informelle en Sierra Leone post-conflit : expériences et perceptions des contribuables
La version originale est disponible en anglais
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- ICTD
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Auteurs
Wilson Prichard
- Président, Initiative pour les revenus des gouvernements locaux