Cet article examine les relations entre l’État et les entreprises en Somalie. Il soutient que le cas somalien présente un modèle singulier de développement du secteur privé, où des entreprises avancées des télécommunications, de la banque et de la finance ont émergé en l’absence de structure étatique formelle. L’établissement d’un gouvernement formel en 2012 a toutefois soulevé des questions sur le « lien entre État et capital », en particulier sur le caractère « décisif » ou non des institutions étatiques pour les affaires. Pour interroger cette question, l’article recourt à une approche qualitative de traçage de processus et examine la relation entre l’État et l’un des plus grands acteurs du secteur privé, celui des télécommunications. Il s’attache à retracer les relations fiscales qui, en tant que base matérielle du contrat social entre l’État et la société, livrent des indices fondamentaux sur la disposition du secteur à investir dans le projet étatique. L’article constate que, malgré la capacité du capital à survivre dans de tels contextes, il existe des moments où les institutions étatiques formelles se révèlent essentielles à l’activité. Plutôt qu’une relation structurelle simple entre pouvoir public et pouvoir privé, le cas somalien explicite ainsi les moments et les situations où l’État devient décisif pour l’accumulation du capital, et éclaire davantage les processus moléculaires qui sous-tendent les relations entre État et capitalisme dans le contexte africain.
Article de publication
Le lien entre État et capital en contexte fragile : une étude de cas des relations fiscales en Somalie
La version originale est disponible en anglais
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- Cambridge University Press
Thème de recherche
Citation
Sahgal, G. Le lien entre État et capital en contexte fragile : une étude de cas des relations fiscales en Somalie. The Journal of Modern African Studies. 2025 ; 63(1) : 25-50. DOI : 10.1017/S0022278X25100943
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