Ces dernières années ont vu se multiplier travaux et recommandations sur les causes et les conséquences de l’informalité, en s’appuyant sur la disponibilité croissante de mesures comparatives des secteurs informels. Cela a créé l’impression d’un consensus autour d’un objet d’étude clairement conceptualisé et quantifié, comme si, en parlant du secteur informel, nous savions de quoi nous parlons. Dans cet article, je soutiens que cette impression est largement un mirage. J’avance que, sous des mesures de plus en plus admises, et activement masquées par elles, subsistent à la fois une confusion conceptuelle fondamentale et une grande diversité des acceptions de ce qu’est le secteur informel. Les questions de définition ont été déplacées « en aval », dans les spécifications des modèles et des mesures statistiques, ce qui entraîne un manque de transparence et l’apparition de boucles de rétroaction entre conceptions courantes et hypothèses méthodologiques. Une grande part de la littérature actuelle sur les secteurs informels produit ainsi des enseignements potentiellement fallacieux, qui nourrissent des discussions de fond sur la fiscalité, l’immatriculation et la protection sociale. J’examine les causes et les conséquences de ces problèmes, à partir de deux méthodes de mesure, de rapports récents et de nouvelles données d’enquête venues du Ghana, et je propose des voies à suivre.
Article de publication
Mesure et mirage : le secteur informel revisité
La version originale est disponible en anglais
Points clés
Détails de la publication
Date
Editeur
- Institute of Development Studies
Citation
Gallien, M. (2026) Mesure et mirage : le secteur informel revisité, International Labour Review 165(2), DOI : https://doi.org/10.16995/ilr.23797
Autres ressources