Les inégalités et la fiscalité comptent parmi les problèmes fondamentaux de notre époque. Comment et à quel moment les démocraties peuvent-elles imposer les élites économiques ? Cet ouvrage élabore un cadre théorique qui affine et intègre les notions classiques de pouvoir instrumental (politique) et de pouvoir structurel (lié à l’investissement) du monde des affaires, afin d’expliquer la portée et le sort des initiatives fiscales visant les élites économiques en Amérique latine après la libéralisation économique. Au Chili, les multiples sources de pouvoir instrumental du patronat, dont sa cohésion et ses liens avec les partis de droite, ont maintenu toute hausse substantielle des impôts hors de l’agenda. En Argentine, un pouvoir patronal plus faible a facilité des réformes significatives, même si certains secteurs, notamment la finance et l’agriculture, ont parfois disposé d’un pouvoir instrumental ou structurel suffisant pour défendre leurs intérêts. En Bolivie, la mobilisation populaire a fait contrepoids au pouvoir des élites économiques, bien plus fortes qu’en Argentine mais plus faibles qu’au Chili. L’analyse approfondie d’un nombre moyen de cas et l’attention portée aux processus d’élaboration des politiques apportent un éclairage neuf sur le pouvoir des entreprises et sur les perspectives de redistribution dans des démocraties inégalitaires.
– Examine des champs peu étudiés mais essentiels de l’économie politique, du pouvoir des entreprises et de la fiscalité, en se concentrant sur la formulation des politiques et la construction de l’agenda
– Mobilise à la fois un traçage rigoureux des processus et de multiples comparaisons structurées et ciblées, dans un dispositif de recherche à nombre moyen de cas
– Propose des études de cas vivantes, nourries de plus de 350 entretiens, et des explications claires et accessibles des principaux enjeux fiscaux