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L’agenda de la gouvernance en perspective de long terme : mondialisation, recettes et différenciation des États

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L'agenda de la gouvernance en perspective de long terme : mondialisation, recettes et différenciation des États
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L’agenda gouvernance-et-développement qui domine la réflexion depuis l’effondrement du bloc soviétique perd rapidement de sa crédibilité. Il reste associé à un ensemble de pays, d’idées et d’expériences, l’« Occident », qui n’exerce plus le leadership mondial. Il n’a pas permis de cerner utilement le rôle des gouvernements dans la promotion de la croissance économique. Et il tient peu compte des transformations que connaissent les États. L’influence croissante des BRIC et d’autres puissances émergentes est aujourd’hui largement reconnue.

Cet article explore la manière dont la mondialisation de la fin du XXe siècle produit des changements plus subtils dans la constitution politique des États, changements susceptibles d’avoir des conséquences considérables sur la façon dont nous sommes gouvernés et sur les actions nécessaires pour réduire l’incidence de la mauvaise gouvernance. Contrairement à ce que l’on attend souvent, la mondialisation ne conduit pas nécessairement les États à se ressembler davantage, ni à converger vers le modèle « occidental » de démocratie libérale et de capitalisme de marché. Elle les amène aussi à se faire concurrence. Dans la mesure où cette concurrence passe par la recherche de sources alternatives de recettes, elle peut les conduire à diverger politiquement.

La notion de recettes politiques, c’est-à-dire les revenus que les gouvernements et les élites politiques tirent de l’exercice du pouvoir, est centrale dans l’analyse. L’une des conséquences de la mondialisation de la fin du XXe siècle est que, dans certains pays, les possibilités pour les élites politiques de capter des recettes politiques (illicites) se sont considérablement élargies. Cela contribue à expliquer pourquoi les États fragiles sont devenus une caractéristique ordinaire du système mondial. Une conséquence plus générale est que les États disposent d’un éventail de recettes non fiscales nouvelles, en sus des recettes fiscales « normales ». Cela emporte des conséquences importantes pour la redevabilité des gouvernements envers les citoyens.

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