Les subventions aux carburants au Nigéria sont énormes, environ 3,9 milliards de dollars américains, soit près du double du budget de la santé. De telles subventions ont un coût élevé : les coûts d’opportunité de ces dépenses au regard d’autres objectifs de développement sont importants ; la répartition des ressources aux États fédérés s’en trouve réduite ; l’immense majorité de la subvention bénéficie aux Nigérians les plus aisés ; et une essence moins chère encourage la pollution, la congestion et le changement climatique.
Malgré cela, la plupart des Nigérians s’opposent à la réduction des subventions.
Nous nous appuyons sur une nouvelle enquête ménages représentative à l’échelle nationale qui a interrogé des Nigérians et des Nigérianes sur leurs connaissances et leurs attitudes à l’égard des subventions. Nous construisons et testons un ensemble d’hypothèses sur les facteurs associés au soutien à la réforme. Nous constatons que ceux qui paient davantage, ou qui rencontrent une moindre disponibilité du carburant, tendent à soutenir davantage la réforme. À l’inverse, les personnes qui estiment le gouvernement corrompu ou incapable de mettre en oeuvre des programmes de compensation y apparaissent fortement opposées.
Enfin, la religiosité et la fourniture de services nationaux et locaux corrects améliorent également l’acceptation de la réforme. Ces résultats étayent l’idée que la construction d’un contrat social est la clé du succès de la réforme.
Retrouvez l’enquête, le questionnaire et le jeu de données complet ici.