Les subventions aux carburants au Nigéria sont énormes. Selon la dernière estimation, l’État subventionne l’essence à hauteur de 3,9 milliards de dollars américains, soit près du double de l’ensemble du budget de la santé. Ces subventions existent parce que le gouvernement fixe le prix de l’essence pour les consommateurs en dessous du prix international et mobilise des ressources publiques pour payer la différence. Elles ont été instaurées au Nigéria dans les années 1970, en réponse au choc pétrolier de 1973. Malgré de nombreuses tentatives de réforme, le Nigéria n’a toutefois jamais réussi à supprimer les subventions à l’essence, en grande partie du fait d’une forte opposition populaire. De telles subventions ont un coût élevé : les dépenses consacrées à d’autres objectifs de développement s’en trouvent réduites ; la répartition des ressources aux États fédérés diminue ; l’immense majorité de la subvention bénéficie aux Nigérians les plus aisés ; et une essence moins chère encourage la pollution, la congestion et le changement climatique. Malgré cela, notre enquête indique que 70 pour cent des Nigérians s’opposent à la réduction ou à la suppression des subventions. Ceci est une synthèse de deux pages du document de travail n° 104 de l’ICTD, de Neil McCulloch, Tom Moerenhout et Joonseok Yang.
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