Une gestion forestière efficace est nécessaire pour réduire la déforestation, protéger les communautés locales, lutter contre le changement climatique et restaurer la biodiversité. Comme d’autres pays d’Afrique subsaharienne, le gouvernement fédéral nigérian et les États doivent trouver un équilibre entre une gestion durable de leurs forêts et les autres usages réclamés pour les arbres et les terres. Des acteurs locaux exploitent la forêt à des fins économiques, par exemple en abattant des arbres pour le charbon de bois ou le bois d’œuvre, et d’autres veulent étendre les terres agricoles. Aucune solution unique ne peut garantir une gestion durable des forêts et l’arrêt de la déforestation. La réglementation de l’usage des sols, un contrôle plus strict des pratiques de la filière, un investissement public accru dans la gestion forestière et de meilleures politiques de fiscalité et de subvention doivent tous y contribuer.
Cet article évalue le régime fiscal forestier actuel de l’État d’Ekiti, l’un des huit États nigérians où les forêts représentent plus de 50 pour cent de la superficie et où les recettes forestières ont historiquement compté. À partir de 16 entretiens avec des responsables de l’État, des agents forestiers et des acteurs du secteur, ainsi que de données de la Commission forestière d’Ekiti, notre analyse suggère que l’épuisement en cours des ressources forestières est partiellement lié à une attention excessive portée à leur capacité à générer des recettes. La conception de la Commission forestière comme une agence de mobilisation de recettes plutôt que de gestion, la volonté constante d’extraire des recettes du secteur au moyen de taux dépassés, et une vision du potentiel du secteur déconnectée des stocks existants ont toutes, paradoxalement, conduit à une contribution moindre de la forêt au budget de l’État.
Résumé du document de travail n° 170 de l’ICTD, rédigé par Giovanni Occhiali et Michael Falade.