Les forêts sont des actifs socio-économiques importants dans de nombreux pays à faible revenu. Elles sont pourtant souvent surexploitées, les gouvernements ne les valorisant pas suffisamment, notamment en les taxant de manière inefficace. C’est le cas au Nigeria, où la gestion et la fiscalité forestières ont été de fait décentralisées du gouvernement fédéral vers les États. Dans cet article, nous évaluons le régime fiscal forestier actuel de l’État d’Ekiti, l’un des huit États nigérians où les forêts représentent plus de 50 pour cent de la superficie et où les recettes forestières ont historiquement compté. À partir de 16 entretiens avec des responsables de l’État, des agents forestiers et des acteurs du secteur, ainsi que de données de la Commission forestière, notre analyse suggère que l’épuisement en cours des ressources forestières de l’État semble partiellement lié à une attention excessive portée à leur capacité à générer des recettes. La conception de la Commission forestière d’Ekiti comme une agence de mobilisation de recettes plutôt que de gestion, la volonté constante d’extraire des recettes du secteur au moyen de taux dépassés, et une vision du potentiel du secteur déconnectée des stocks existants ont toutes, paradoxalement, conduit à une contribution moindre de la forêt au budget de l’État. S’il est possible de réformer à la fois la structure des taxes forestières et leur mode d’administration, nos entretiens suggèrent que la priorité devrait être donnée à l’application d’une interdiction de l’exploitation forestière pendant une période suffisamment longue pour permettre la repousse, au moins dans les réserves publiques. Cela exigera une sensibilisation et un dialogue substantiels avec les acteurs du secteur, ainsi qu’un renforcement des capacités de contrôle de la Commission forestière. Celle-ci ne disposant pas aujourd’hui d’un personnel suffisant pour garantir l’application de la législation existante, encore moins d’une interdiction de toute activité forestière.
Document de travail
170
L’arbre qui cache la forêt : la quête de recettes forestières de l’État d’Ekiti et son effet sur la gestion des forêts
La version originale est disponible en anglais
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- ICTD
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Citation
Occhiali, G. et Falade, M. (2023) L’arbre qui cache la forêt : la quête de recettes forestières de l’État d’Ekiti et son effet sur la gestion des forêts, document de travail n° 170 de l’ICTD, Brighton : Institute of Development Studies, DOI : 10.19088/ICTD.2023.039
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