Le long des axes routiers du nord-est de l’Inde, à la frontière du Myanmar, divers groupes armés et acteurs étatiques collectent des « impôts » aux points de contrôle. Ces points sont des lieux d’interaction où les rapports de pouvoir entre groupes armés, agents de l’État et civils se négocient sans cesse, inscrits dans un réseau plus large de relations sociales et politiques. À partir de plus de 100 entretiens avec des groupes armés, des entrepreneurs, des acteurs étatiques et des chauffeurs de camion, cet article élabore un cadre figurationnel pour éclairer les liens entre points de contrôle, autorités et civils en zone de conflit. S’appuyant sur les travaux de Norbert Elias, ce cadre offre une approche structurée mais souple pour examiner l’imbrication de différents niveaux de relations interdépendantes : entre acteurs au point de contrôle, le long de la route, et au-delà. L’article explore comment, ensemble, ces figurations à différents niveaux constituent un ordre politique fluide, façonnant les processus de légitimation et de violence. Au-delà de la compréhension de la politique des routes dans le nord-est de l’Inde, ce cadre peut servir à mieux examiner le pouvoir, les dynamiques de conflit et la mise en ordre politique à travers les zones de conflit.
Cet article fait partie d’un numéro spécial consacré à « The Politics of Passage: Checkpoints and Authority amidst Conflict » dans Development and Change, et issu de la série Roadblocks and Revenues copubliée par l’ICTD, le Danish Institute of International Studies et le Centre on Armed Groups.
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