Cette étude examine la concurrence douanière entre échelons de gouvernement en Somalie et la fragmentation du système d’impôt sur le revenu, et en considère l’effet sur la mobilisation des recettes. Elle recourt à une approche à méthodes mixtes, associant examen documentaire et revue de littérature à des entretiens structurés avec 20 représentants publics et du monde des affaires. L’étude avance que la concurrence budgétaire entre échelons de gouvernement est répandue, en particulier en matière douanière, tandis que l’impôt sur le revenu est surtout fragmenté. Cette situation résulte d’un fédéralisme concurrentiel entretenu par des dynamiques politiques instables, de la nécessité financière des États et d’activités de bailleurs mal coordonnées dans un pays déjà polarisé.
Ces facteurs ont engendré des systèmes fiscaux parallèles et concurrents, aux tarifs et aux taux variables. Ils ont érodé l’assiette fiscale de toutes les juridictions et créé une complexité inutile ainsi que des inégalités entre consommateurs et entre régions. Pour atténuer ces conséquences et renforcer la construction budgétaire de l’État, l’étude recommande de reconnaître les réalités politiques dans la conception du système fiscal et d’établir un système harmonisé et partagé pour contrer la concurrence. Elle souligne en outre l’importance d’une administration fiscale simplifiée, de la suppression des taxes intérieures « de nuisance » et d’une coordination des efforts des bailleurs. S’il peut être difficile, à court terme, de traiter les causes politiques profondes et de supprimer les tarifs intérieurs, la simplification des procédures fiscales, sans toucher à l’assiette, pourrait être engagée rapidement.