Les administrations fiscales africaines font face à un problème difficile : comment imposer les petites entreprises de manière à lever des recettes, à favoriser la formalisation et à préserver la confiance. Le contrôle classique coûte souvent cher lorsque les entreprises sont petites, difficiles à suivre et contribuent individuellement peu aux recettes totales. C’est pourquoi de nombreuses administrations fiscales se tournent vers des approches moins coûteuses : éducation des contribuables, visites de proximité et accompagnement.
De nouveaux résultats venus de Tanzanie montrent que la proximité ne crée pas automatiquement la confiance. Même la présence bienveillante d’agents du fisc peut produire des effets différents selon l’endroit où elle s’exerce. Dans les régions plus riches et mieux intégrées sur le plan économique, cette visibilité peut renforcer la confiance et la conformité. Dans les régions plus pauvres et plus marginalisées, la même présence peut réduire la confiance et faire baisser les paiements d’impôts.
« Une exposition accrue aux agents de l’administration fiscale modifie sensiblement les attitudes et les comportements. Même les stratégies de proximité bienveillantes des administrations fiscales peuvent produire des effets contraires dans les contextes où la fourniture de services publics est limitée et le niveau de développement faible, ce qui souligne la nécessité de tenir compte de la solidité du contrat fiscal entre les contribuables et l’État. »