Les paiements sans espèces occupent une place de plus en plus centrale, tant dans la numérisation de l’économie que dans le renforcement des capacités de l’État. Ils peuvent approfondir l’inclusion financière, réduire les coûts de transaction, améliorer la tenue des registres des entreprises et relier les utilisateurs au financement et aux services publics. Dans le même temps, les données qu’ils génèrent peuvent aider les gouvernements à améliorer la prestation de services, la réglementation et l’administration fiscale.
Mais davantage de numérisation signifie aussi davantage de visibilité. Si cette visibilité est associée à des impôts plus élevés, à des contrôles agressifs ou à une utilisation opaque des données de transaction, les utilisateurs risquent de revenir aux espèces, de fractionner leurs transactions ou d’éviter les produits formels destinés aux commerçants. Cela peut affaiblir l’inclusion financière, la confiance et la qualité des données sur lesquelles les gouvernements s’appuient en définitive.
Ces arbitrages sont particulièrement pertinents là où les écosystèmes de paiement numérique sont encore en développement. L’enjeu politique ne consiste donc pas simplement à développer les paiements numériques, mais à en capter la valeur publique sans affaiblir les incitations à les utiliser.
Il en va de même pour les données de paiement. Les relevés de transactions peuvent soutenir les services aux entreprises, l’accès au financement, le préremplissage des déclarations, l’analyse des risques et le respect des obligations fiscales, mais seulement lorsque l’identification fiable, l’interopérabilité et l’échange sécurisé des données sont en place. Des règles claires en matière d’accès, de finalité, de confidentialité, de redevabilité et de recours deviennent d’autant plus importantes que les gouvernements explorent l’analyse avancée et l’IA.
Événement parallèle aux Assemblées annuelles 2026 de la Banque mondiale et du FMI
En partenariat avec l’AfricaNenda Foundation et le Global Development Network (GDN), l’ICTD coorganise à Bangkok un événement parallèle aux Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI consacré aux paiements sans espèces. La table ronde s’appuiera sur le prochain Cashless Payments and Tax Playbook de l’ICTD, tout en replaçant la fiscalité dans une question plus large : comment l’infrastructure de paiement numérique peut-elle soutenir l’inclusion financière, la formalisation de l’économie et la capacité de l’État ?
La discussion portera sur ce que les gouvernements devraient offrir en échange d’une plus grande visibilité. Elle examinera aussi l’architecture institutionnelle nécessaire à une utilisation responsable des données : des mandats juridiques clairs, la proportionnalité, la sécurité, la transparence et des mécanismes efficaces de correction et de recours.
Intervenants :
- Devendra Damle, responsable Politiques, gouvernance et stratégie, Indonesia Open Network
- Fabrizio Santoro, chercheur principal, IPN et fiscalité, ICTD
- Kalpana Kochhar, présidence par intérim de la division Global Policy & Advocacy, Gates Foundation
- Kamal Andiwal, à la tête du plaidoyer en matière de politique budgétaire et économique, GSMA
- Lucia Rossel, chargée de recherche associée, ICTD
- Sabine Mensah, direction générale adjointe, AfricaNenda
- Sridhar Ganapathy, Principal, Technologie et innovation, Artha Global
Cet événement se tient uniquement en présentiel ; merci de vous inscrire à l’avance pour y assister.
Cet événement sera suivi d’un déjeuner de réseautage, puis d’un autre événement parallèle organisé par l’AfricaNenda Foundation et la Commission de l’Union africaine sur le thème Enabling Regulatory Harmonization for Instant Cross-Border Payments in Africa.
Présence de l’ICTD à Bangkok
Les Assemblées annuelles offrent une occasion unique d’échanger avec des dirigeants mondiaux issus des gouvernements, de l’industrie, des organisations internationales et multilatérales et de la société civile. Dans ce que l’ICTD qualifie d’ère fiscale du développement, la mobilisation des ressources intérieures joue un rôle central dans la manière dont les pays à faible revenu financent leurs priorités de développement, face à la baisse de l’aide, à l’alourdissement de la dette et à des besoins de financement croissants. Découvrez nos autres activités lors des Assemblées annuelles.