La pratique mal connue de la fausse facturation ou de la surfacturation commerciale a coûté 2,48 milliards de dollars à l’économie tanzanienne en dix ans. Elle consiste, pour des entreprises et leurs intermédiaires, à modifier délibérément les prix de leurs exportations et importations afin de justifier des sorties ou des entrées illicites de capitaux. Le procédé se banalise lentement mais sûrement en Tanzanie.
Des sociétés minières y auraient ainsi recouru, gonflant le coût de leurs importations de carburant pour échapper à l’impôt sur les bénéfices et transférer des revenus imposables hors de Tanzanie vers des paradis fiscaux. Les sommes que le pays y perd chaque année sont considérables. Rhiannon McCluskey, chercheuse en fiscalité internationale, estime qu’en moyenne 248 millions de dollars de capitaux ont été extraits de Tanzanie chaque année par ce biais au cours de la dernière décennie.