À l’occasion d’Octobre urbain, l’Initiative pour les revenus des gouvernements locaux (LoGRI), une initiative de l’ICTD, publie une nouvelle vidéo qui explique comment les villes africaines peuvent renforcer leurs systèmes d’impôt foncier afin de financer un développement urbain durable.
Dans les décennies à venir, la population de l’Afrique devrait doubler, passant de 704 millions à 1,4 milliard d’habitants. Cette croissance sera concentrée en grande partie dans les villes, et deux Africains sur trois vivront en milieu urbain d’ici 2050. Une croissance aussi rapide exercera une pression croissante sur les infrastructures et les services publics. Alors que le continent fait déjà face à un déficit de financement annuel de plus de 1 300 milliards de dollars américains, il sera plus important que jamais de trouver et de mobiliser d’autres sources de financement.
Dans ce nouvel essai vidéo, « Can Property Taxes Fund Africa’s Urban Future ? », la LoGRI explore ce défi de taille et attire l’attention sur le potentiel encore relativement inexploité de l’impôt foncier en tant qu’outil de financement urbain durable.
Tirer parti de l’impôt foncier pour financer les villes
L’impôt foncier peut constituer l’une des principales sources de recettes infranationales des gouvernements locaux. Lorsqu’il est bien conçu et administré de manière équitable, il peut offrir aux pouvoirs publics des ressources stables pour investir dans les services publics, tout en renforçant la redevabilité et la confiance entre les gouvernements et les populations qu’ils servent. Cependant, de nombreux pays à faible revenu, en particulier en Afrique, peinent à exploiter ce potentiel en raison de systèmes administratifs trop complexes et coûteux, souvent hérités de la période coloniale, et d’une résistance politique profondément ancrée à la réforme.
Malgré ces obstacles, une récente initiative de réforme de l’impôt foncier à Freetown, en Sierra Leone, soutenue par l’Initiative pour les revenus des gouvernements locaux (LoGRI), le Centre international pour la fiscalité et le développement (ICTD) et l’International Growth Centre (IGC), a démontré le potentiel de transformation de la réforme. En simplifiant et en numérisant son système fiscal, Freetown a vu son potentiel de recettes multiplié par cinq, ses recouvrements triplés et l’équité et la transparence améliorées de façon majeure pour les contribuables. La réforme a depuis été étendue à d’autres villes de Sierra Leone et est devenue un modèle de réussite en matière de réforme de l’impôt foncier dans les économies en développement du monde entier.
La voie à suivre
Bien que l’impôt foncier ne soit qu’un instrument parmi d’autres dans la boîte à outils du financement infranational, l’expérience de Freetown suggère que les gouvernements locaux ont beaucoup à gagner en renforçant ces systèmes. Un système d’impôt foncier plus efficace et plus efficient peut aider les villes à répondre à des besoins financiers croissants tout en améliorant leur autonomie budgétaire, leur gouvernance et leur capacité à répondre aux besoins des habitants.
En savoir plus sur nos travaux relatifs à la fiscalité foncière ici.