Une excellente étude montre comment les gouverneurs réformateurs de l’État de Lagos, au Nigeria, ont bâti un nouveau contrat social autour de l’impôt
En quinze ans, Lagos est passée du statut de symbole du désordre à celui d’exemple souvent cité de gouvernance africaine efficace. Le gouvernement de l’État de Lagos est parvenu à multiplier ses recettes fiscales et à employer ces ressources pour remettre en état les infrastructures de base et étendre les services publics et l’application de la loi.
S’appuyant sur un travail de terrain approfondi, cet article explore comment la conjonction de la pression électorale et de l’ambition des élites de créer une mégapole ordonnée et prospère a nourri les réformes de gouvernance. Les progrès réguliers du recouvrement ont été obtenus en combinant des moyens administratifs accrus, des réformes de gestion, un travail de sensibilisation du public et une coopération avec des groupes sociaux organisés.
Le gouvernement de Lagos a réussi à améliorer le civisme fiscal en promouvant l’idée d’un contrat social entre des citoyens contribuables et un État fournissant infrastructures et services. L’élargissement de l’assiette fiscale à Lagos a aussi été rendu possible, de manière décisive, par des relations politiques solides entre les dirigeants de l’État et les organisations du secteur informel, en particulier l’association des commerçants des marchés de Lagos.