Rien n’est certain dans la vie, hormis la mort et les impôts. Inutile de le préciser, nulle part il n’est possible d’échapper à la première ; mais il n’est que trop facile de se soustraire aux seconds au Soudan du Sud. Le système, tel qu’il existe aujourd’hui, est trop complexe, difficile à comprendre, à appliquer et à respecter. Pendant ce temps, l’abondance des rentes pétrolières et de l’aide – conjuguée à une économie sous-développée – menace de saper les incitations à lever l’impôt.
Même si nous détestons tous les payer, et quelle que soit l’aridité du sujet, les impôts sont importants – et sans doute centraux – pour les efforts de construction de l’État, ce processus ardu qui consiste à établir des institutions publiques légitimes et mutuellement responsables. De fait, au-delà du financement des biens et services publics de base, les impôts peuvent contribuer à forger des gouvernements plus responsables, plus à l’écoute et plus représentatifs.