La fiscalité gravit rapidement les échelons de l’agenda du développement, mais la discussion porte souvent sur des aspects internationaux tels que les paradis fiscaux ou la taxe Robin Hood. Ces deux sujets sont très importants, mais ce qui se passe à l’échelle nationale l’est sans doute davantage encore : les systèmes fiscaux des pays en développement sont-ils régressifs ou progressifs ?
Lèvent-ils assez d’argent pour financer les services de l’État ? Sont-ils efficaces et exempts de corruption ? Ce panorama absolument magistral de l’état des systèmes fiscaux en Afrique est l’œuvre de Mick Moore (à droite), qui dirige l’International Centre for Tax and Development (ICTD). Il a d’abord été publié par l’Africa Research Institute.
Les pays anglophones ont ouvert la voie en matière de réforme de l’administration fiscale en Afrique, bien davantage que leurs pairs francophones. Les raisons en sont nombreuses. Les réseaux de spécialistes de la fiscalité internationale sont basés principalement dans des pays anglophones. Beaucoup des systèmes modernes qui promeuvent les bonnes pratiques au sein des administrations fiscales ont été mis au point dans des pays anglophones, en particulier en Australie. Les bailleurs internationaux, et notamment le Department for International Development (DFID) britannique, ont directement et indirectement encouragé de nombreuses réformes des administrations fiscales nationales. De fait, c’est l’une des réussites de l’aide britannique.