Le passage de la coercition à la persuasion pour favoriser le civisme fiscal s’est amorcé progressivement à l’administration fiscale rwandaise (RRA). En témoignent les énoncés de mission et de valeurs qui sous-tendent son action en matière de service aux usagers et de facilitation des échanges. La RRA a récemment mené des campagnes soutenues d’éducation et de sensibilisation fiscales afin d’orienter le comportement des contribuables vers davantage de conformité volontaire, ses moyens de contrôle étant limités. Faute d’évaluation d’impact significative, il est toutefois difficile de mesurer l’effet de ces efforts sur l’objectif recherché.
L’administration a eu l’occasion d’évaluer l’efficacité de sa stratégie de communication à la faveur d’une expérience sur le civisme fiscal, consistant à transmettre divers messages par différents canaux et à observer le comportement des contribuables. Si beaucoup ont réagi positivement à ces messages, notamment en révisant leurs déclarations à la hausse, les réactions d’un nombre important d’entre eux n’ont pas été saisies, d’où la nécessité d’une étude complémentaire pour comprendre pourquoi ces contribuables n’avaient pas réagi. Cet article livre plusieurs constats intéressants issus de cette étude, notamment la nécessité de rappeler plus fréquemment leurs obligations aux contribuables et de leur fournir des informations complémentaires en sus des rappels. Il montre également que les contribuables préfèrent recevoir des informations sur l’usage des fonds publics plutôt que des messages menaçants à visée dissuasive, ce qui rejoint les conclusions de l’expérience sur le civisme fiscal.