Un cadre d’analyse en termes d’offre et de demande a été élaboré et appliqué à la Tanzanie afin d’explorer le lien entre démocratisation, libéralisation économique et recours aux exonérations fiscales pour financer les campagnes électorales des partis politiques. En Tanzanie, la demande pour ce type d’argent s’est accrue depuis l’abolition du parti unique en 1992. Celle-ci a entraîné une réduction des subventions publiques aux partis, tandis que la concurrence croissante, entre partis comme au sein de chacun, pour la conquête du pouvoir par les urnes a fait grimper le coût des trois dernières élections. La libéralisation politique a également accru le coût du maintien de la cohésion d’élites politiques de plus en plus fragmentées.
L’augmentation de l’offre de financement politique au parti au pouvoir est nourrie par un intérêt mutuel : les besoins de financement des élites politiques d’un côté, l’intérêt des entreprises et des capitalistes émergents pour les exonérations fiscales et d’autres rentes leur permettant de prospérer de l’autre. Ce cadre offre-demande contribue à expliquer un recours accru aux exonérations fiscales au profit d’entreprises privées et de particuliers autour des années électorales en Tanzanie. Il est également pertinent pour analyser le financement politique par exonérations fiscales ailleurs sur le continent africain.