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Inégalités cachées : les défis fiscaux des commerçantes de marché dans les États d’Enugu et de Kaduna, au Nigéria

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Inégalités cachées : les défis fiscaux des commerçantes de marché dans les États d'Enugu et de Kaduna, au Nigéria
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Cet article présente les conclusions d’une étude sur les différences d’imposition selon le genre parmi les commerçants de marché de deux États nigérians. À un premier niveau, aucune différence significative n’a été constatée entre commerçantes et commerçants sur les marchés visités, en matière de paiements d’impôts, de paiements pour les services de marché et de hausses d’impôts. Un examen plus attentif des données révèle toutefois des biais fiscaux implicites qui pénalisent les femmes. Bien que les commerçantes acquittent le même montant d’impôt forfaitaire que les hommes, elles gagnent bien moins. Même celles qui vendent les mêmes types de produits que leurs homologues masculins tendent à gagner moins. Par ailleurs, les hausses d’impôts fréquentes au-delà du montant légalement prévu, ainsi que la charge du travail de soin non rémunéré, qui empêche les femmes de gagner davantage, aggravent également ce biais défavorable aux femmes. Sur la base de ces constats, et conformément aux suggestions des responsables de marché interrogés, nous recommandons que les décideurs fiscaux nigérians élaborent un système d’imposition forfaitaire segmenté, plus étroitement fondé sur les revenus réels ou, à défaut, sur le type de produit vendu. Une telle segmentation contribuerait à atténuer le biais de genre inhérent au système forfaitaire actuel. Cette étude constate également que tous les commerçants apprécient les avantages de percepteurs femmes. Cette préférence tient généralement à la perception, chez les commerçants, que les percepteurs femmes sont plus compréhensives et plus calmes que leurs homologues masculins. Il n’a pas non plus été rapporté que des percepteurs femmes sollicitent des faveurs sexuelles, grief formulé à l’encontre de certains de leurs collègues masculins. Certains marchés ont même pris l’initiative de constituer des équipes de perception mixtes et de remplacer par des femmes les percepteurs masculins signalés pour harcèlement sexuel. Sur la base de ces constats, et dans la ligne de la littérature antérieure, nous recommandons que les administrations fiscales nigérianes s’emploient à intégrer davantage de femmes parmi les percepteurs, tant dans le système fiscal public que dans les syndicats et associations de marché qui agissent comme agents de perception pour le compte de l’État.

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