Le nombre de femmes dans les parlements du monde a lentement mais régulièrement augmenté au fil des ans. En Ouganda, il est passé de deux femmes à l’indépendance, en 1962, à 189 dans le parlement actuel.
Pour comprendre l’effet des parlementaires femmes sur les débats fiscaux, nous analysons le contenu de 72 débats fiscaux tenus au parlement ougandais entre 1995 et 2022. Nous interrogeons ensuite d’anciens et d’actuels députés, des responsables de l’Association des femmes parlementaires ougandaises et de la Commission de l’égalité des chances, ainsi que des représentants d’organisations de la société civile. Nous constatons que la plupart des débats fiscaux genrés portent sur des questions de taxe sur la valeur ajoutée et de droits d’accise, les parlementaires femmes comme hommes jouant un rôle important dans leur mise en perspective de genre. Si celle-ci remonte au début des années 2000, ce n’est qu’à partir de 2014 que le genre est devenu une composante plus fréquente de ces débats.
Outre l’augmentation du nombre de femmes au parlement, nous identifions trois autres facteurs qui facilitent l’évocation du genre dans les débats fiscaux :
- l’introduction du Certificat de conformité en matière de genre et d’équité en 2014,
- l’action de l’Association des femmes parlementaires ougandaises, et
- la présence d’une femme à la présidence du parlement
Les parlementaires femmes sont toutefois limitées dans leur capacité à évoquer le genre dans ces débats, faute de connaissances fiscales suffisantes et parfois du fait des positions de leur parti.
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