Dans ce document de travail, Jorge Mantilla explore la coopération entre l’État et les acteurs criminels dans la politique des barrages routiers. Son étude montre comment, entre 2015 et 2023, les tensions bilatérales et la fermeture de la frontière entre la Colombie et le Venezuela ont créé une économie politique de la contrebande dans laquelle des agents de l’État ont délégué des fonctions étatiques élémentaires à des groupes criminels organisés pour contenir des adversaires, domestiquer les économies illégales et maintenir le contrôle social. Mantilla montre que les fondements de cette économie politique sont des situations de mobilité négociée, qui se jouent aux points de contrôle installés sur les multiples pistes informelles de la zone frontalière, là où contrebandiers, groupes criminels organisés et agents de l’État interagissent.
Ce document est le quatrième d’une nouvelle série de documents de travail intitulée Roadblocks and revenues, fruit d’une collaboration entre l’ICTD, le Danish Institute for International Studies et le Centre on Armed Groups. Le premier document introduit la série, le deuxième porte sur l’Afghanistan, et le troisième s’intéresse au commerce de l’opium en Birmanie.
Cette série de documents de travail est généreusement financée par la Fondation Carlsberg au titre de la subvention Semper Ardens: Accelerate « TRADECRAFT ». En savoir plus sur le projet ici.