Des années 1950 aux années 1980, les gouvernements sri-lankais prélevaient en impôts une part élevée du produit intérieur brut (PIB). Ils consacraient l’essentiel de ces ressources à la fourniture de masse de services de santé et d’éducation, ainsi qu’à la subvention de l’alimentation. Le Sri Lanka était un modèle d’État-providence, aux indicateurs de développement humain exceptionnellement élevés. Les gouvernements sri-lankais contemporains dépensent très peu pour leurs citoyens pauvres. La raison principale est que, depuis 1990, la part du PIB prélevée en recettes fiscales n’a cessé de reculer, au point d’atteindre aujourd’hui des niveaux inhabituellement bas. Le conflit interne, bien que quasi endémique, n’explique pas ce recul de la collecte. Celui-ci résulte d’une série continue de décisions politiques exonérant d’impôt les personnes fortunées, les entreprises, les revenus et les actifs. Cet article analyse les processus politiques et institutionnels les plus identifiables par lesquels les préférences politiques des riches et des puissants se sont traduites par une faible collecte de recettes. Ce sont : le déclin du pouvoir des forces populaires (notamment les partis politiques programmatiques et les syndicats) ; l’émergence de l’aide et des prêts étrangers comme substitut à la mobilisation des recettes intérieures ; l’institutionnalisation de la pression en faveur de l’exonération du secteur privé ; des présidents dotés de pouvoirs exécutifs étendus, qui ont sapé ou contourné l’autorité des ministres des finances ; et un verrouillage politique et institutionnel dans une forte dépendance à des impôts prélevés sur un secteur en déclin de l’économie, les importations, et à l’administration des douanes qui les collecte.
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65
L’économie politique du déclin durable des recettes au Sri Lanka
La version originale est disponible en anglais
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- ICTD
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