À mesure qu’elles adoptent des infrastructures numériques, les administrations publiques du monde entier collectent, produisent et gèrent de plus en plus de données. Dans le même temps, les chercheurs en études empiriques collaborent toujours davantage avec elles, accèdent à de vastes volumes de données et définissent de nouveaux programmes de recherche. Ces collaborations se sont développées en particulier dans les pays à faible revenu, où les données administratives peuvent constituer un précieux substitut à des données d’enquête rares. La transition vers une administration pleinement numérique peut toutefois être un processus long et difficile, en net contraste avec le récit courant du saut technologique. À partir d’observations faites au cours d’une collaboration de recherche de cinq ans avec l’administration fiscale sénégalaise, cette étude de cas qualitative examine les principaux défis de gestion des données auxquels celle-ci fait face. Des progrès importants ont été accomplis récemment avec la modernisation de sa capacité numérique et l’adoption de systèmes de déclaration et de paiement en ligne. Il reste toutefois une marge substantielle pour améliorer la gestion des données et gagner en efficacité dans l’accomplissement de tâches élémentaires, telles l’identification des contribuables actifs ou la détection des différentes formes de non-conformité. Un investissement soutenu dans des ressources humaines spécifiquement formées à l’analyse de données est en particulier nécessaire. Des progrès ont été accomplis récemment avec la création, en collaboration avec les chercheurs, d’un « datalab » qui s’emploie désormais à améliorer les processus de collecte, de nettoyage, de fusion et d’usage des données pour renforcer la mobilisation des recettes.
Remerciements des auteurs : Nous remercions l’ensemble des membres de la Direction générale des impôts et des domaines (DGID) avec lesquels nous avons travaillé. Nous remercions en particulier le directeur, M. Bassirou Samba Niasse, le directeur général adjoint Abdou Aziz Gueye, l’ancien directeur général, M. Cheikh Ahmed Tidiane Bâ, M. Mor Fall, M. Serigne Mabeye Fall, M. Amadou, M. Abdoulaye Badiane, M. Oumar Diop Diagne, le directeur du renseignement, M. Cheikh Mouhamed Hady Dieye, la directrice du service informatique, Mme Yama Kouyate Diaby, les experts informatiques M. Oumar Ngom et M. Mamadou Diangar, le directeur des services fiscaux, M. Lamine Sy, la directrice des moyennes entreprises, Mme Ndeye Aïssatou Ndao, et le directeur des grandes entreprises, M. Abdoulaye Diagne. M. Aliou Sow et M. Mamadou Guisse ont également apporté un précieux soutien administratif au fil des années. Ainsi que les membres, actuels ou anciens, de la Cellule d’analyse et de traitement des données (CTAD) : M. Amadoune Sall, M. Papa Mbacké Mbengue, M. Ousseynou Ndiaye, M. Papa Daouda Amad Diène, M. Cheikh Ndiaye, Mme Aïssatou Diop, Mme Binta Sar, M. Mouhamed Mboup, Mme Dieynaba Sall, M. Sadikh Dieye, Mme Aminata Sow, M. Mohammed Thiandoum. Toutes les erreurs nous incombent.