Les gouvernements des pays à faible revenu ont beaucoup investi dans les systèmes de télédéclaration et de télépaiement, dans l’attente que la numérisation réduise les coûts de conformité des contribuables, abaisse les coûts d’application pour les administrations, réduise les occasions de collusion dans les échanges en personne et, en définitive, renforce le civisme fiscal. Ces gains attendus ne sont pourtant pas automatiques. Les gains de temps et d’effort peuvent ne pas se traduire par une meilleure conformité, les gains d’application peuvent être limités par la capacité administrative, et les effets comportementaux d’un moindre contact en personne dépendent de la manière dont contribuables et agents interagissaient auparavant.
Cette étude apporte des éléments causaux sur l’effet du caractère obligatoire de la télédéclaration et du télépaiement au Sénégal. Elle évalue l’introduction d’Etax, système permettant aux contribuables de déclarer et de payer à distance. Après une phase pilote, le système a été rendu obligatoire en juillet 2017 pour les entreprises gérées par le Centre des grandes entreprises. En janvier 2018, environ 80 pour cent des contribuables visés s’étaient inscrits et utilisaient la plateforme. L’article demande si cette réforme a amélioré le civisme fiscal des entreprises qui comptent le plus pour la mobilisation des recettes.