Résumé
Motivation
En juillet 2021, pendant la pandémie de Covid-19, le gouvernement tanzanien a instauré une nouvelle taxe sur les transactions d’argent mobile, comprise entre 10 et 10 000 shillings tanzaniens, renchérissant les transferts et les retraits d’argent mobile en plus de la TVA de 18 % et du droit d’accise de 10 % préexistants. Présentée comme une « taxe patriotique » destinée à financer des projets de développement, elle a été suivie d’un tollé public et d’inquiétudes quant à un recul de l’inclusion financière.
Objet
Cet article examine l’effet de cette taxe sur le comportement de paiement des remboursements d’emprunts, ainsi que le niveau de connaissance et les perceptions des micro et petites entreprises membres de coopératives d’épargne et de crédit en Tanzanie.
Approche et méthodes
Ce rapport s’appuie sur la combinaison d’une base de données inédite des remboursements d’emprunts de micro et petites entreprises et d’entretiens téléphoniques structurés avec 600 d’entre elles.
Résultats
Les résultats montrent que le montant des remboursements d’emprunts a augmenté, tandis que le nombre total de transactions a diminué ; que la taxe est mal connue, et qu’une meilleure connaissance conduit à une perception plus négative ; et que, si la perception générale de l’argent mobile est positive, celle de la taxe est négative, en particulier chez les entreprises dirigées par des hommes, installées en zone urbaine et actives dans le commerce, ainsi que chez celles présentant un niveau d’inclusion numérique plus élevé.
Implications de politique publique
L’effet limité de la taxe sur les remboursements d’emprunts suggère une résilience des micro et petites entreprises, mais souligne le besoin d’une communication transparente et d’une conception fiscale équilibrée. Pour favoriser une meilleure compréhension et une action publique plus efficace, les décideurs pourraient renforcer la transparence et adapter leurs efforts de sensibilisation aux différents publics.