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Le Government Revenue Dataset de l’ICTD : le meilleur choix pour les données fiscales et la recherche

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J’ai récemment eu le privilège d’assister au lancement du Government Revenue Dataset (GRD) de l’ICTD à Washington. Ayant eu un accès anticipé à ces données depuis un certain temps, je me sens bien placé pour expliquer pourquoi les chercheurs devraient prêter attention à cette entreprise enthousiasmante.   

Le GRD de l’ICTD offre une couverture et une cohérence nettement supérieures à celles des sources existantes de données de recettes fiscales. Il puise en effet dans de nombreuses sources, dont les Government Finance Statistics du FMI, les statistiques fiscales de l’OCDE et les Revenue Statistics in Latin America de l’OCDE et de la CEPAL, pour les compiler en un jeu de données composite unique et simple d’emploi. De plus, dans un souci de comparabilité, la base garantit que ces chiffres fusionnés reposent sur une série de PIB cohérente, purgée des effets des changements d’année de base (un événement pas si rare dans les pays en développement).

Il suffit de parcourir quelques documents de travail récents du FMI pour mesurer le besoin d’une telle base. Beaucoup compilent et utilisent leurs propres données ad hoc issues d’une multitude de sources, dont des rapports internes, l’OCDE, etc. ; l’opacité entourant la construction et la disponibilité de ces jeux de données, du moins pour le lecteur, est pour le moins préoccupante.

L’ajout des données des rapports-pays du FMI et des documents au titre de l’article IV, en complément des sources précédentes, a nettement amélioré la couverture, en particulier pour les pays à faible revenu. C’est essentiel pour les chercheurs travaillant sur ces pays : cela permet non seulement de réexaminer les résultats d’études existantes, mais aussi de poser des questions nouvelles, jusque-là sans réponse possible.

Mes travaux, document de travail n° 22 de l’ICTD, examinent les liens entre structure fiscale et croissance économique. Les études antérieures portaient presque exclusivement sur les pays de l’OCDE, mais le GRD de l’ICTD nous a permis d’explorer ces relations dans de nombreux pays à faible revenu qui en auraient auparavant été exclus faute de données. Nous observons, au cours des trois dernières décennies, d’importants basculements structurels des impôts sur le commerce vers les impôts sur la consommation, mais aussi sur le revenu, dans les pays à revenu faible et intermédiaire (contrastant fortement avec une structure fiscale relativement stable dans les pays à revenu élevé). L’effet de ces basculements sur la croissance du PIB est déterminant pour les décideurs ; or, sans données fiables et complètes pour nombre des pays où ils se produisent, il est très difficile de le quantifier.

Non seulement le GRD offre aux chercheurs des données bien plus complètes et plus exactes que les autres sources, mais ils peuvent aussi avoir confiance dans la transparence de ce qu’ils utilisent : les étapes de construction de la base, ainsi que l’ensemble des statistiques sous-jacentes de chaque source, sont publiques, dans la base elle-même et dans le document de travail qui l’accompagne.

Des inquiétudes sur l’exactitude des données sous-jacentes peuvent évidemment subsister, mais l’objectif de ce travail est d’améliorer la cohérence, l’exhaustivité et la comparabilité des données existantes. Conjugué à un gain considérable de facilité d’utilisation, le GRD marque un pas énorme dans la bonne direction.

 

Avertissement : les opinions exprimées dans cet article sont celles de son ou de ses auteurs et ne reflètent pas nécessairement les positions ou les politiques de l’ICTD ni celles de ses bailleurs de fonds.

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