Dans les pays à faible revenu, les individus contribuent souvent significativement au financement des biens publics locaux par la fiscalité informelle. On comprend pourtant mal comment cette production informelle de recettes se rapporte à la fiscalité formelle et aux institutions de gouvernement. Nous explorons la relation entre production informelle de recettes, finances publiques et État dans la région de Gedo, dans le centre-sud de la Somalie, à partir de données originales issues d’enquêtes auprès de 2 300 ménages et de 117 responsables communautaires. Nos éléments montrent que la production informelle de recettes par des acteurs non armés y est répandue, les paiements informels étant profondément ancrés dans les institutions claniques et islamiques et enracinés dans une longue histoire d’autorité politique décentralisée et d’autosuffisance dans la région. Nous soutenons que, dans un tel contexte, plutôt que d’expliquer comment ou pourquoi les choses « fonctionnent » en dehors de l’État, il peut être plus pertinent et plus fructueux de considérer l’autorité publique non étatique et décentralisée comme le référent par défaut, en n’ayant plus qu’à expliquer l’énigme des poches d’efficacité étatique. La gouvernance opère largement en dehors de l’État, les citoyens jouant un rôle pivot dans le financement direct des institutions de gouvernance locale et de la fourniture de biens publics. Ces constats ont d’importantes implications pour notre compréhension de l’État et des finances publiques dans les contextes où les institutions formelles sont faibles.
Article de publication
00/00, 1-26
Financer la gouvernance au-delà de l’État : la production informelle de recettes dans le centre-sud de la Somalie
La version originale est disponible en anglais
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- Oxford University Press on behalf of Royal African Society
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