Cet article calcule et analyse la charge fiscale pesant sur les sociétés éthiopiennes, mesurée par le taux effectif moyen d’imposition de leur bénéfice. Notre résultat le plus net concerne la relation entre charge fiscale et taille de l’entreprise. Nous mettons en évidence une relation en U statistiquement significative entre le taux effectif d’imposition et la taille. Si les petites entreprises supportent la charge fiscale la plus lourde, les plus grandes acquittent encore davantage que les entreprises de taille moyenne. C’est ce dernier groupe qui bénéficie des charges fiscales les plus faibles.
Ces résultats donnent à penser que les petites comme les grandes entreprises se heurtent à des contraintes pour minimiser leur impôt, mais que ces contraintes sont fondamentalement différentes. Les petites entreprises n’ont ni la capacité ni les ressources nécessaires pour exploiter pleinement le système fiscal, tandis que les grandes sont très visibles et font l’objet d’une surveillance plus étroite de l’administration fiscale. Cette interprétation, de nature spéculative, est étayée par les données disponibles sur les déductions des entreprises. Nous constatons également que les entreprises exportatrices, celles qui acquittent leurs impôts dans des bureaux régionaux plutôt qu’à Addis-Abeba, et celles dont le levier d’endettement est plus élevé, supportent des charges fiscales plus faibles.