La notion de formalisation sous-tend depuis longtemps les interventions et les mesures destinées à relier les entités informelles aux institutions étatiques ou aux structures économiques formelles. Malgré l’enthousiasme des décideurs, les résultats des politiques de formalisation ont pourtant fréquemment déçu. Cet article soutient que ce décalage tient à la notion de formalisation elle-même, et que les approches courantes s’enracinent souvent dans trois erreurs conceptuelles : une distinction binaire entre acteurs économiques formels et informels, une méconnaissance de la diversité des acteurs informels, et l’idée que « devenir » formel produirait nécessairement des externalités positives. Ces confusions conceptuelles prêtent une attention insuffisante à la complexité des contextes et aux dynamiques politiques et sociales qui façonnent l’informalité dans un cadre donné, et elles s’enracinent fréquemment dans les contraintes pratiques et les rapports de pouvoir qui structurent la production de connaissance dans ce domaine. Cet article le démontre à travers des études de cas portant sur l’immatriculation fiscale et la délivrance de titres de propriété. Il plaide en conséquence pour un nouveau programme de recherche sur la formalisation, qui interroge à la fois ses fondements conceptuels conventionnels et les pratiques de recherche qui s’en saisissent.
Article de publication
Vol. 54 No. 2 March 2023
La formalisation et ses déconvenues : erreurs conceptuelles et pistes pour avancer
La version originale est disponible en anglais
Points clés
Détails de la publication
Date
Editeur
- John Wiley & Sons Ltd
Thème de recherche
Citation
Gallien, M. et Van den Boogaard, V. (2023), La formalisation et ses déconvenues : erreurs conceptuelles et pistes pour avancer. Development and Change. https://doi.org/10.1111/dech.12768
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