La gestion des déchets solides urbains est un défi de développement et budgétaire dans toute l’Afrique subsaharienne, où les villes font face à une croissance démographique rapide, à des infrastructures limitées et à des recettes publiques insuffisantes. Les taux régionaux de collecte s’établissent en moyenne à 36 pour cent, contre 75 pour cent dans le monde, reflétant des contraintes financières, institutionnelles et de gouvernance. Cela accroît les maladies d’origine hydrique, aggrave les inondations et contribue à la hausse des émissions de gaz à effet de serre.
Conakry produit environ 1 541 tonnes de déchets par jour, dont 44 pour cent seulement sont collectées, en raison de zones de transit limitées, d’un nombre insuffisant de véhicules de collecte et d’une décharge surchargée. Les réformes institutionnelles et les interventions pilotées par les bailleurs n’ont pas comblé le déficit de financement central. La municipalité est responsable de la collecte, mais les impôts fonciers sont recouvrés par la direction nationale des impôts. Cette séparation institutionnelle empêche les communes d’aligner leurs dépenses sur les besoins locaux.
Pour compenser, Conakry s’appuie sur des petites et moyennes entreprises pour la précollecte, financée par des abonnements obligatoires des ménages. Le respect des paiements reste toutefois faible, contraignant ces entreprises à opérer sans équipement, ni personnel, ni collecte régulière suffisants. Les points de collecte publics gratuits compliquent encore la situation, en érodant les recettes de ces entreprises et en affaiblissant l’incitation à payer.
Aucune étude n’existe sur les déterminants du consentement des ménages à payer pour une collecte améliorée en Guinée. Par une enquête auprès de 2 000 ménages dans les cinq communes de Conakry, nous estimons ce consentement et évaluons si un modèle de financement fondé sur l’impôt pourrait assurer à la fois viabilité financière et plus grande équité. Résumé du document de travail n° 237 de l’ICTD.