Ce bulletin politique examine les effets de taxes spécifiques cumulées de 7,2 pour cent sur les opérateurs de services d’argent mobile en Côte d’Ivoire. Il analyse un cadre fiscal singulier, qui s’écarte de la tendance centrée sur le consommateur observée dans de nombreux pays africains, où la charge pèse généralement sur l’usager final. Visant initialement les opérateurs de télécommunications, la taxe a été étendue aux opérateurs d’argent mobile créés par des opérateurs télécoms titulaires d’une licence (Orange Money, MTN Money et Moov Money), puis à toutes les entreprises assurant des opérations d’argent mobile. Les inquiétudes quant à un possible recul de l’investissement persistent, mais aucun élément concret ne les étaye.
Les données disponibles suggèrent une baisse du chiffre d’affaires de l’argent mobile, en partie due à la diminution des prix de ces services, même si les rapports du régulateur des télécommunications relèvent un manque de communication dans la publication des revenus du secteur. Si les taxes spécifiques étaient réduites ou supprimées, les fonds initialement affectés pourraient être réinvestis, en particulier pour renforcer les commissions des agents en zone rurale, compte tenu de la concurrence accrue entre les différents acteurs des services de paiement en Côte d’Ivoire. L’étude souligne l’importance de conditions de concurrence équitables avec les autres services de transfert d’argent proposés par les banques, les entreprises locales et les fintechs.