Partout dans le monde, les efforts de secours face à la pandémie ont ramené l’attention sur la protection sociale étatique et sur ses limites. Moins d’attention a été portée aux formes alternatives de protection, dont la zakat dans les pays musulmans. Nous nous demandons comment États et citoyens se rapportent à la zakat en temps de crise, à travers une étude de cas de la pandémie de Covid-19 au Pakistan, en Égypte et au Maroc, à partir de données d’enquête inédites et représentatives à l’échelle nationale, recueillies auprès de 5 484 répondants. Alors que l’on pourrait s’attendre à ce que les citoyens soient moins enclins à verser la zakat en période de difficultés économiques personnelles, nous constatons qu’une large majorité de la population générale et des contributeurs à la zakat la perçoivent comme particulièrement importante dans le contexte du Covid, et qu’ils étaient aussi plus enclins à faire d’autres dons caritatifs. Nous soutenons que la zakat peut jouer un rôle important en complément de la protection sociale et de la redistribution étatiques en temps de crise. Si nous trouvons des éléments attestant sa nature redistributive, la diversité des pratiques et le recours courant aux relations sociales doivent être pris en compte lorsqu’on examine son effet et sa fonction redistributifs en temps de crise.
Document de travail
163
Zakat, protection sociale non étatique et redistribution en temps de crise : le cas de la pandémie de Covid-19
La version originale est disponible en anglais
Points clés
Détails de la publication
Date
Editeur
- ICTD
Thème de recherche
Citation
Gallien, M. ; Javed, U. et van den Boogaard, V. (2023) Zakat, protection sociale non étatique et redistribution en temps de crise : le cas de la pandémie de Covid-19, document de travail n° 163 de l’ICTD, DOI : 10.19088/ICTD.2023.0212
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