La question de la fiscalité agricole a presque complètement disparu des agendas académiques et politiques ces dernières décennies. Pourtant, l’agriculture continue d’être très peu imposée dans une grande partie du Sud global, alors même qu’elle contribue substantiellement au PIB. Dans certains cas, cette faible imposition peut répondre à un objectif politique délibéré.
Les éléments issus de l’Ouganda suggèrent toutefois qu’un nombre considérable de fournisseurs agricoles y dégagent des revenus élevés tout en étant soit (1) protégés par la législation fiscale en vigueur, soit (2) en défaut au regard de leurs obligations existantes. Cet article passe en revue la littérature ancienne sur l’imposition des revenus agricoles et examine quelques raisons de sa quasi-disparition de l’agenda politique. Il étudie ensuite les tentatives d’imposer les revenus agricoles en Ouganda. L’expérience ougandaise livre des enseignements utiles pour d’autres pays du Sud global qui envisageraient de reprendre la question de la meilleure manière d’imposer les revenus agricoles