Si beaucoup de connaissances sont produites sur l’impact de la pandémie, nous savons encore très peu de choses de ses implications pour la fiscalité dans les pays à faible revenu. L’impôt est pourtant essentiel pour financer la réponse à la crise et la reprise, en sus des plans de développement plus larges et de l’accroissement de la dépense publique.
Cet article commence à combler cette lacune à partir d’un jeu de données inédit combinant enquêtes et données administratives rwandaises. Nous documentons deux évolutions significatives dans les perceptions des contribuables : leur appréciation de l’équité du système fiscal s’améliore de 40 pour cent, et leur disposition à se conformer devient plus conditionnée à la fourniture de services publics de qualité suffisante.
Fait important, ces évolutions s’accompagnent d’améliorations du comportement réel : à partir des données de déclarations, nous montrons que les entreprises qui déclarent après le début de la crise respectent sensiblement mieux leurs obligations que les autres. Nous examinons ensuite le soutien du public à différentes options de hausse d’impôts pour financer la réponse à la crise et la reprise. Imposer les grandes entreprises et les plus riches recueille le plus large soutien, celui-ci déclinant toutefois à mesure que le revenu augmente.
Ces résultats nous permettent de formuler des recommandations et des considérations sur les réponses de politique fiscale à la crise.